
Si les nouvelles technologies sont souvent présentées comme la solution à de nombreux problèmes, ou pour optimiser nos ressources, il est impossible d’ignorer l’importance de leur impact sur l’environnement. Selon le dernier rapport « Pour un numérique soutenable » de l’Arcep (édition 2025), le digital représente désormais 4,4 % de l’empreinte carbone nationale (alors qu’il n’était que de 2,5 % en 2013). Dans ce contexte, intégrer une démarche de numérique responsable au sein de votre SI (système d’information) n’est plus une simple option éthique. Il s’agit d’un véritable impératif opérationnel pour garantir la pérennité et les performances de votre entreprise.
De la démarche Green IT à la stratégie RSE globale
Pendant longtemps, l’approche environnementale de l’informatique s’est limitée au concept de Green IT, focalisé essentiellement sur la réduction de la consommation énergétique des serveurs et du matériel. Si cet aspect demeure fondamental, la notion de responsabilité numérique s’est depuis considérablement élargie. Elle englobe désormais des dimensions sociales, comme l’accessibilité numérique, et des dimensions éthiques liées à la gestion des données.
Pour les directions informatiques, l’enjeu actuel est de synchroniser la feuille de route technologique avec la politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) globale. Cela signifie que l’informatique ne doit plus être vue comme un simple centre de support, mais comme un contributeur actif aux objectifs de développement durable. En adoptant une vision de développement durable numérique, vous agissez sur l’ensemble du cycle de vie des actifs : de l’extraction des terres rares nécessaires à la fabrication des composants jusqu’au traitement rigoureux des déchets électroniques (DEEE).
Piloter le SI (système d’information) par la sobriété et l’efficience
Déployer une stratégie de numérique responsable repose avant tout sur un état des lieux exhaustif, et sans concession, de votre infrastructure actuelle. La sobriété numérique ne consiste pas à freiner l’innovation, mais à orienter les investissements vers des solutions à haute valeur ajoutée. Il s’agit de substituer la course à la nouveauté par une approche plus pragmatique, centrée sur les besoins essentiels des métiers. Dans un système d’information moderne, la mise en œuvre de la responsabilité numérique se matérialise par trois axes de transformation :
- L’allongement de la durée de vie des équipements : il s’agit du levier le plus impactant. Produire un ordinateur représente environ 70 % à 80 % de son empreinte carbone totale sur son cycle de vie. Passer d’un renouvellement tous les 3 ans à un cycle de 5 ou 6 ans réduit drastiquement l’impact environnemental de l’entreprise.
- L’optimisation des centres de données et du Cloud : le choix de prestataires engagés, l’utilisation de serveurs virtualisés et le « Rightsizing » (ajustement de la puissance au besoin réel) permettent de limiter le gaspillage énergétique.
- L’écoconception logicielle : il s’agit de développer ou de choisir des solutions moins gourmandes en ressources processeur (CPU) et en mémoire vive (RAM), évitant ainsi l’obsolescence logicielle qui pousse au renouvellement prématuré du matériel.
Pour vous accompagner vers cette transition vers un numérique plus responsable, ib Cegos propose notamment la formation « Schéma directeur du SI : les clés pour une mise en œuvre efficace » . L’enjeu de ce séminaire est de permettre aux participants de maîtriser les mécanismes et la valeur ajoutée d’un schéma directeur au sein de leur structure. Ils seront ainsi en mesure d’en valider la viabilité technique et stratégique afin d’apporter des garanties solides à leur direction générale et aux pôles métiers. Ils apprennent également à structurer efficacement le lancement opérationnel du projet, tout en veillant à ce que chaque initiative reste parfaitement alignée sur les ambitions globales de l’entreprise.
Déployer les bonnes pratiques du numérique responsable en entreprise
Pour éviter l’écueil du « greenwashing », le passage à l’action nécessite une méthodologie bien structurée. Pour instaurer durablement des bonnes pratiques de numérique responsable en entreprise, il est conseillé de suivre une progression logique :
- Mesurer pour piloter : il est impossible d’améliorer ce que l’on ne mesure pas. Réaliser un bilan carbone de votre parc informatique et de vos services numériques est la première étape pour identifier les postes les plus émetteurs.
- Sensibiliser et former les collaborateurs : la technique ne fait pas tout et le changement doit être culturel. Il s’agit d’éduquer les utilisateurs aux gestes qui comptent : gestion raisonnée du stockage de données, nettoyage des serveurs de fichiers, ou encore sensibilisation à l’impact environnemental du streaming et des visioconférences.
- Acheter plus responsable : lors de vos appels d’offres, intégrez des critères environnementaux et sociaux. Privilégiez les produits disposant de labels reconnus (EPEAT, Blue Angel, TCO) et exigez des indices de réparabilité élevés.
Au-delà des économies d’échelle, intégrer le développement durable numérique dans votre stratégie globale est bénéfique pour l’image de marque de votre entreprise. Dans un marché du travail sous tension, cette démarche peut faire la différence pour attirer des talents en quête de sens. Vous assurez par la même occasion la pérennité de votre organisation en alignant vos processus avec les standards européens actuels.







