Comment mesurer l’impact environnemental de vos outils numériques ?

24 février 2026
Ecrit par ib Cegos

Pendant longtemps, l’accélération de la transition numérique a été perçue comme la solution miracle pour s’affranchir du support physique, grâce à la dématérialisation. Mais cette culture du « tout digital » n’est pas sans conséquences. Aujourd’hui, le secteur du numérique consomme à lui seul environ 10 % de l’électricité mondiale et génère près de 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour les entreprises, les administrations ou les collectivités, il est dorénavant indispensable de piloter cette transformation digitale de manière plus pragmatique et respectueuse de l’environnement. Cependant, réduire l’impact environnemental IT commence nécessairement par une étape cruciale : sa mesure. Sans indicateurs précis, toute stratégie de Green IT reste purement théorique.

Comprendre et mesurer la pollution numérique à l’échelle de l’entreprise

Mesurer la pollution numérique ne se résume pas à étudier la consommation électrique des serveurs. Une évaluation sérieuse repose sur l’analyse du cycle de Vie (ACV). Cette méthodologie normée examine l’impact d’un équipement ou d’un service, de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie. Selon un rapport publié le 19 janvier 2022 par l’ADEME (Agence de la transition écologique) et l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), la majeure partie de l’empreinte carbone provient de la fabrication des terminaux (ordinateurs, smartphones, tablettes). En France, elle représente environ 78 % de l’empreinte carbone du numérique national, loin devant l’utilisation (21 %) et la fin de vie (1 %). Le principal levier de réduction de l’impact environnemental est donc la prolongation de la durée de vie du parc informatique.

Pour mesurer la pollution liée au numérique, il fait prendre en compte 3 facteurs :

  • Les émissions directes (la consommation des data centers),
  • Les émissions indirectes liées à l’énergie (l’électricité consommée par les outils numériques),
  • Les émissions indirectes liées à la chaîne de valeur (fabrication du matériel, services cloud tiers, transport…).

L’intégration de ces données permet d’établir un tableau de bord réaliste, indispensable pour prioriser les actions de sobriété et répondre aux nouvelles exigences réglementaires, comme la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).

Méthodes et outils pour évaluer l’empreinte de vos services et logiciels

Bien que la fabrication du hardware soit la source principale d’émissions, le pilotage de la performance logicielle représente également un levier d’action stratégique pour les DSI. Ainsi, dorénavant, savoir comment calculer l’empreinte carbone d’un logiciel est devenu une compétence clé, plaçant la sobriété numérique au centre du travail des développeurs et des architectes système.

Contrairement à un objet physique, un logiciel n’émet pas de carbone par lui-même. Cependant, il utilise des ressources matérielles qui, elles, consomment de l’énergie et s’usent.

Le calcul de l’impact environnemental d’un logiciel repose sur l’analyse de l’intensité énergétique du code. Pour harmoniser ces mesures, des standards comme le Software Carbon Intensity (SCI) ont été instaurés. L’objectif est de quantifier les émissions de carbone par unité de travail logiciel (par utilisateur, par requête ou par heure de fonctionnement). Pour automatiser ce suivi, plusieurs outils de mesure de l’impact numérique sont à la disposition des professionnels :

  • Boavizta : une base de données ouverte et des API pour évaluer l’impact environnemental des composants cloud et serveur. Contrairement à d’autres, elle intègre l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), ce qui permet d’inclure l’électricité, mais également la pollution liée à la fabrication du matériel.
  • EcoCode : un outil d’analyse statique de code qui permet de détecter les pratiques énergivores directement dans l’environnement de développement. Utilisé par les développeurs, il est très populaire, car il s’intègre directement dans le flux de travail (notamment avec SonarQube). Il permet de corriger le « code sale » (boucles inutiles, requêtes trop lourdes) avant même la mise en ligne du logiciel.
  • Scaphandre : une solution de monitoring de la consommation électrique des processus informatiques, idéale pour le monde Linux et Kubernetes. Cet outil se distingue par sa capacité à fournir des données précises sur la consommation énergétique des micro-services. Sa légèreté le rend particulièrement apprécié des équipes Ops et DevOps.
  • Cloud Carbon Footprint : une application open source qui se connecte à vos consoles AWS, Google Cloud ou Azure pour estimer les émissions de votre infrastructure cloud. Alors que les fournisseurs proposent leurs propres tableaux de bord (parfois critiqués pour leur manque de transparence), CCF offre une vision globale et centralisée.

Ces différents outils permettent de transformer des données abstraites en métriques exploitables, pour identifier les éventuelles « fuites énergétiques » de votre architecture logicielle.

Développer une culture du numérique responsable : passez de la théorie à la pratique avec ib Cegos

La mesure n’est qu’une première étape vers un numérique plus responsable. L’enjeu suivant réside dans la capacité des équipes à interpréter ces données pour transformer durablement leurs méthodes de travail. Adopter une démarche de Green IT demande une montée en compétences transverse, allant du service achat (pour l’approvisionnement responsable) au support technique (pour la maintenance et le reconditionnement). Chez IB Cegos, nous avons conscience que la transition écologique du secteur informatique nécessite des connaissances techniques pointues, mais aussi une vision stratégique globale. C’est précisément l’objectif de notre formation « Panorama des outils de test et mesure existants ». D’une durée de 7 heures, elle offre un aperçu essentiel des outils de test et de mesure pour évaluer l’impact écologique des sites, logiciels et applications numériques.

Le numérique responsable ne doit pas être considéré comme une contrainte. Il représente une réelle opportunité d’excellence technique. Un logiciel conçu de manière éco-responsable est en effet généralement plus léger, plus performant et plus facile à maintenir. De même, une infrastructure mesurée et optimisée gagne en résilience tout en étant moins coûteuse. En investissant dans les bons outils de mesure de l’impact numérique et en formant vos collaborateurs, vous transformez votre SI en un levier de performance durable. La mesure de la pollution numérique devient alors un indicateur de pilotage au même titre que la cybersécurité ou la disponibilité des services. Vous souhaitez initier cette démarche au sein de votre entreprise ou approfondir vos connaissances techniques sur la sobriété numérique ?

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