
La protection des actifs numériques est devenue un impératif pour les entreprises, les collectivités et les administrations. En effet, dans le paysage numérique actuel, la question n’est pas de savoir si vous serez touché par une attaque, mais quand ? L’interconnexion croissante des services et la sophistication des modes opératoires font de la cybersécurité d’entreprise un enjeu stratégique de premier plan (bien au-delà de la simple sphère technique). Une cyber-crise mal gérée peut paralyser durablement votre activité, entacher votre réputation, voire engager votre responsabilité juridique ! Pour les managers des SI, l’enjeu est donc double : construire une défense résiliente et préparer les équipes à réagir avec sang-froid le jour où l’incident surviendra.
Identifier et anticiper les risques de fuite de données
La première étape d’une stratégie de défense efficace consiste à sortir d’une posture réactive pour adopter une vision proactive. Si le risque zéro n’existe pas, l’impréparation, elle, est un choix. Anticiper les risques de fuite de données demande une cartographie précise de vos actifs immatériels. Vous devez vous poser un certain nombre de questions : quels sont les serveurs critiques ? Où sont stockées les données clients ? Qui dispose des privilèges d’accès les plus élevés ?
La menace informatique est protéiforme : du ransomware (rançongiciel) classique, au hacking et à l’exfiltration discrète de données de recherche, en passant par du phishing ciblé. Pour anticiper, il est impératif de mettre en place une veille active et de réaliser des audits de vulnérabilité réguliers. La sécurité des systèmes d’information (SSI) ne doit pas être considérée comme un poste de dépenses, mais comme une assurance sur la continuité du service.
Anticiper, c’est aussi sensibiliser. L’erreur humaine reste l’une des principales portes d’entrée des attaquants. En formant vos collaborateurs aux bons réflexes (gestion des mots de passe, méfiance face aux pièces jointes suspectes, signalement rapide d’anomalies), vous créez une première ligne de défense organique. Cette phase d’anticipation inclut également la mise en place de politiques de sauvegarde robustes et déconnectées (« air-gapped »), qui garantissent qu’une reprise est toujours possible, même en cas de chiffrement total de votre réseau.
La gestion de crise : de l’alerte au rétablissement complet de vos systèmes
Lorsqu’un incident est détecté, le temps devient votre pire ennemi. Une gestion de crise efficace repose sur un cadre prédéfini : le Plan de Continuité d’Activité (PCA) et le Plan de Reprise d’Activité (PRA). Dès les premières minutes, l’entreprise doit basculer dans un mode de fonctionnement dégradé, mais contrôlé.
La cellule de crise doit être activée immédiatement. Elle réunit des experts techniques, mais aussi des décideurs (Direction Générale), des juristes (pour les notifications RGPD à la CNIL), des responsables RH et des communicants. Le rôle du RSSI est alors essentiel : il doit traduire la complexité technique en enjeux business pour permettre des arbitrages rapides.
Pendant la cyber-crise, la communication est un autre facteur fondamental. En interne, pour éviter la panique et les rumeurs, mais également en externe, pour rassurer les partenaires et les clients. La transparence, encadrée par le service juridique, est en effet souvent la meilleure stratégie pour préserver la confiance à long terme. Une fois la menace contenue (éviction de l’attaquant, nettoyage des systèmes), la phase d’assainissement commence. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui vise à reconstruire un environnement sain, tout en tirant les leçons de l’événement par un rapport de retour d’expérience (RETEX).
Apprenez à gérer une cyber-attaque avec la nouvelle formation ib Cegos
Le pilotage de la sécurité ne s’improvise pas. Face à une menace informatique toujours plus complexe, les responsables des systèmes d’information doivent étoffer sans cesse leurs compétences. En effet, si la technique est nécessaire, la capacité à structurer une gouvernance de la sécurité efficace est primordiale. Pour que vous soyez prêt à faire face en cas de cyber-attaque, nos équipes ont entièrement revu le programme de notre formation « Gérer une cyber-crise — les fondamentaux ».
Cette nouvelle version, basée sur les standards ISO 22301 et ISO 27001, propose une approche structurée pour anticiper et gérer les cyber-crises. À travers des simulations concrètes et des ateliers immersifs, les participants y apprennent les réflexes essentiels pour réagir efficacement en cas d’incident. La formation dépasse le simple cadre technique pour intégrer les enjeux de gouvernance et de communication, mobilisant ainsi l’ensemble de la chaîne de décision (direction, IT, supports). Son objectif est de fournir aux apprenants des leviers d’action pour accroître durablement la cybersécurité et la pérennité de leur entreprise.
La gestion d’une cyber-crise révèle également de la culture d’entreprise. Il est indispensable d’accepter sa vulnérabilité pour mieux s’en protéger. La sécurité des systèmes d’information (SSI) doit devenir un sujet transverse, discuté en comité de direction au même titre que les résultats financiers. Pour anticiper les risques de fuite de données, il est conseillé de réaliser des exercices de simulation. Il a en effet été prouvé à de nombreuses reprises que rien ne remplace la pratique ! En plus de dédramatiser l’événement, ces exercices permettent également d’acquérir des automatismes salvateurs. La sécurité de votre infrastructure IT est un défi quotidien qui exige des compétences pointues et une vision stratégique.







