Cursus Data Steward
Cursus Métier
Comment pouvons nous vous aider ?
Vous êtes ici : Accueil > Home > Le Mag > Secteur public > Qualité des données dans le secteur public et Data Steward

Garantir la qualité des données publiques relève aujourd’hui d’une obligation légale de service public, encadrée pour neuf jeux de données prioritaires. Au quotidien, le Data Steward assure la fiabilité et la cohérence de ces informations.
Lorsqu'un usager signale une inexactitude (une adresse erronée, un montant de ressources inexact, une date mal renseignée), qui dans vos services répond de cette donnée :
● Le service qui l’a saisie ?
● Celui qui s’en sert pour instruire ?
● L’équipe informatique qui l’héberge ?
Dans la plupart des administrations, la réponse reste floue. Or, la qualité des données n’est plus une simple affaire interne : les administrations s’échangent désormais directement leurs informations pour simplifier les démarches, un mécanisme encore renforcé par la loi du 21 février 2022.
Résultat : une donnée inexacte ne reste plus confinée chez son producteur, elle circule, s'interconnecte et vient impacter des décisions au sein d'autres services, parfois en cascade.
La fiabilité des données publiques constitue ainsi une exigence fondamentale, encadrée par un cadre réglementaire strict. Cet article détaille les obligations légales applicables, les répercussions directes des erreurs de saisie pour l'administration et les usagers, ainsi que le rôle central du Data Steward pour garantir la qualité de l'information.
Vous souhaitez structurer la gestion de vos données ?
Offrez à vos collaborateurs les compétences clés pour organiser, sécuriser et valoriser le patrimoine d'informations de votre structure grâce au Cursus Data Steward (CM062) d’ib Cegos : un parcours opérationnel pour maîtriser la collecte, la gouvernance et le contrôle qualité au service de l'action publique.
Le Data Steward est le professionnel chargé d'organiser, de structurer et de vérifier les données au sein d'une organisation, garantissant leur exactitude en continu. Il assure la jonction entre les directions opérationnelles productrices d'informations et les services utilisateurs. Retrouvez son positionnement détaillé dans notre analyse comparative des métiers de la data.
Les interventions du Data Steward s'inscrivent dans un cadre légal strict défini par le Code des relations entre le public et l'administration (CRPA), qui dresse la liste des neuf jeux de données de référence et précise les seuils d'assujettissement des collectivités.
Selon cette fiche métier officielle du secteur public, le Data Steward pilote la collecte, la structuration, le contrôle qualité et la gestion des habilitations d'accès aux données.
Ses missions couvrent l'intégration de flux d'informations variés, leur standardisation ainsi que leur qualification. Il s'assure de l'absence de doublons, de la précision du catalogage et du maintien des référentiels techniques.
Au-delà des contrôles ponctuels, le poste requiert la mise en place de dispositifs de détection automatisés et d'algorithmes de contrôle afin d'assurer un niveau de qualité constant dans le temps. Le Data Steward gère également la conformité des accès, dans le respect du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et des directives relatives à l'anonymisation.
En préparant des données fiables pour les analystes et en collaborant étroitement avec les ingénieurs data, il consolide l'ensemble de la chaîne de traitement de données.
Point réglementaire :
| Donnée de référence | Administration productrice |
| Répertoire des entreprises et de leurs établissements | Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) |
| Répertoire national des associations | Direction des libertés publiques et des affaires juridiques, ministère de l’intérieur |
| Plan cadastral informatisé | Direction générale des finances publiques (DGFiP) |
| Registre parcellaire graphique | Agence de services et de paiement |
| Référentiel à grande échelle | Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) |
| Base adresse nationale | Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) |
| Base de données de l’organisation administrative de l’État | Direction de l’information légale et administrative (DILA) |
| Répertoire opérationnel des métiers et des emplois | France Travail |
| Code officiel géographique | Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) |
Ces neuf bases constituent le socle d'information officiel partagé par l'ensemble des acteurs publics et privés. Si une donnée y est inexacte (comme une adresse erronée dans la Base Adresse Nationale), l'anomalie se répercute immédiatement dans tous les systèmes d'information connectés. C'est pourquoi le CRPA attribue une responsabilité directe aux administrations productrices quant à la fraîcheur et à l'exactitude de ces informations. Pour en savoir plus sur leur mise à disposition, découvrez notre article sur les enjeux de l’open data dans le secteur public.
L’obligation de publication en ligne (article L312-1-1 du CRPA) concerne les documents administratifs électroniques, les bases de données mises à jour régulièrement et les informations présentant un intérêt économique, social ou environnemental majeur.
Le texte prévoit deux critères d'exonération cumulatifs : les collectivités territoriales de moins de 3 500 habitants d'une part (loi), et les organismes employant moins de 50 agents ou salariés en équivalents temps plein d'autre part (article D312-1-1-1).
Ainsi, une commune de 3 000 habitants n'est pas soumise à cette obligation, tandis qu'une structure de 20 000 habitants comptant 60 agents y est pleinement assujettie.
Outre les données de référence publiées en open data, les informations transmises directement entre administrations dans le cadre de la simplification des démarches exigent une rigueur équivalente.
En application du principe "Dites-le-nous une fois", les administrations interrogent directement les SI partenaires pour obtenir les pièces justificatives d'un usager, évitant à ce dernier de les fournir à nouveau.
L’article L113-12 du CRPA, renforcé par la loi du 21 février 2022, dispense l'usager de produire des informations déjà détenues par une administration participante au système d'échange.
Si ce mécanisme simplifie les démarches, il supprime également le contrôle manuel effectué autrefois lors de la présentation physique des pièces. Une anomalie non détectée à la source se propage désormais de manière automatisée d'un système à l'autre.
Le contrôle de conformité doit par conséquent s'effectuer en amont, au niveau du système producteur, sous la responsabilité du Data Steward.
Une erreur de saisie transmise d'un organisme à un autre peut entraîner des ruptures de droits importantes, comme la suspension injustifiée d'aides sociales. Le Défenseur des droits souligne ces difficultés dans son rapport sur la dématérialisation des services publics.
Les défaillances de transmission entre SI partenaires entraînent fréquemment des blocages administratifs complexes, dans lesquels les usagers peinent à faire valoir leurs droits face à des renvois de responsabilité inter-services.
Dès 2019, l'institution pointait le manque de procédures d'ajustement simples pour rectifier rapidement les erreurs de données véhiculées entre administrations.
Pour l'administration, ces dysfonctionnements se traduisent par une augmentation des réclamations, un alourdissement du contentieux et une dégradation de la relation usager.
Le traitement inégal de situations similaires en raison d'informations erronées contrevient au principe d’égalité devant le service public, aux côtés des obligations de continuité et de neutralité.
Sur le plan juridique, l'article 5.1.d du RGPD impose l'exactitude des données collectées, tandis que l'article 16 garantit aux usagers un droit de rectification exécutoire que l'administration doit être en mesure d'appliquer sans délai.
L'article 20 de la loi du 6 janvier 1978 habilite la CNIL à prononcer des sanctions financières. Si les services de l'État bénéficient d'un régime particulier, les collectivités locales restent pleinement exposées. Par sa délibération SAN-2023-018 du 12 décembre 2023, la CNIL a ainsi infligé une amende de 5 000 euros assortie d'une astreinte journalière de 150 euros à une commune n'ayant pas mis en œuvre les mesures correctives demandées.
En matière de transparence administrative, les défauts de communication ou de publication relèvent du contrôle de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA). La saisine de la CADA constitue une étape préalable obligatoire avant tout recours contentieux devant le juge administratif : en clarifiant les obligations de diffusion, ce contrôle incitatif contraint l'administration à formaliser sa gouvernance des données sous peine de sanctions juridiques ultérieures.
La gouvernance de la donnée repose sur une organisation complémentaire : la définition des règles par les métiers, leur mise en œuvre par le Data Steward et le pilotage stratégique assuré par les administrateurs ministériels.
La gestion des données s'articule autour de responsabilités distinctes.
Consultez notre guide dédié à l’organisation de la qualité des données dans le SI pour approfondir ce modèle.
Au niveau ministériel, la circulaire n° 6264/SG du 27 avril 2021 a institutionnalisé la fonction d’administrateur ministériel des données, des algorithmes et des codes sources, sous la coordination de la Direction interministérielle du numérique (DINUM).
Ces administrateurs pilotent la cartographie des bases de données, définissent la stratégie d'ouverture et animent le réseau de référents. Pour en savoir plus sur cette structuration, retrouvez notre article sur la gouvernance des données.
Bien que complémentaires, le Data Steward et le Délégué à la Protection des Données (DPO) couvrent des périmètres différents : le DPO veille à la conformité juridique des traitements personnels, tandis que le Data Steward garantit la précision et la qualité technique des informations exploitées.
La désignation d'un DPO constitue une obligation légale pour tout organisme public (article 37.1.a du RGPD), alors que le rôle de Data Steward relève d'un choix d'organisation interne visant la performance opérationnelle.
Ces deux fonctions travaillent en étroite concertation avec les responsables de la sécurité des systèmes d'information (RSSI).
Une parfaite conformité aux exigences du RGPD n'assure pas systématiquement l'exactitude des données stockées dans les applications métier : la conformité réglementaire et le contrôle qualité restent deux démarches distinctes.
La mise à disposition des données de référence est soumise à des conditions strictes de fiabilité, de disponibilité et de sécurité définies par arrêté interministériel (article R321-7 du CRPA).
L’article R321-8 confie aux services de l'État la coordination globale et la surveillance continue des niveaux de service de ces bases de référence.
Les administrations productrices s'engagent ainsi à maintenir un niveau de qualité contrôlé et opposable.
L'intégration des missions de gestion de la qualité des données s'effectue généralement soit par la création d'un poste dédié, soit par la montée en compétences d'agents déjà en poste au sein des directions SI ou opérationnelles.
Au sein des ministères, la fonction d'administrateur des données est fréquemment confiée à des responsables déjà en charge de missions d'organisation ou de modernisation des SI.
Les collectivités et établissements publics peuvent adopter une démarche similaire en confiant la fonction de référent data à un collaborateur existant, formalisant sa feuille de route sans alourdir la masse salariale.
Pour éviter tout risque de dilution des tâches, l'organisation doit désigner explicitement un référent data et formaliser sa lettre de mission. Cette clarification permet d'attribuer clairement le suivi de la qualité aux agents en place, sans ambiguïté sur la répartition des responsabilités au quotidien.
Les orientations et critères de qualité restent définis par les métiers, qui possèdent la connaissance fonctionnelle des enjeux.
Sur le plan technique, le Data Steward s'appuie sur des compétences accessibles et très opérationnelles : savoir explorer une base de données, définir des règles de validation simples, créer des tableaux de bord de suivi de la qualité et automatiser la détection des erreurs fréquentes (doublons, champs manquants ou formats incorrects).
Pour les agents disposant déjà d'un socle technique en SGBD ou reporting, le développement des compétences portera sur la mise en place de contrôles automatisés, la création de dictionnaires de données et le suivi des indicateurs de qualité.
La démarche de structuration de la donnée au sein d'un organisme suit une méthodologie progressive :
L'inventaire préalable est indispensable avant tout investissement outillé, afin d'adapter les solutions d'administration aux besoins réels. Pour approfondir le volet technique, consultez notre article sur les bases de données dans le secteur public.
Dans le secteur public, la gouvernance de la donnée dépasse le cadre de la simple optimisation opérationnelle pour s'inscrire au cœur des obligations réglementaires. Qu'il s'agisse des bases de référence ou des flux échangés entre administrations, la qualité de l'information conditionne directement l'efficacité de l'action publique et la protection des droits des usagers.
Le Data Steward constitue la cheville ouvrière de cette démarche : il garantit la cohérence, l'exactitude et la pérennité des actifs data. Formalisée au sein des référentiels de la fonction publique, cette mission répond à des besoins métiers bien identifiés au sein des administrations et des collectivités.
Structurer la gestion des données constitue une étape clé pour toute organisation publique souhaitant moderniser son fonctionnement et sécuriser ses traitements d'information.
Accompagnez l'évolution de vos équipes : Le cursus Data Steward d’ib Cegos délivre l'ensemble des compétences techniques indispensables à l'exercice de la fonction, conformément aux attentes du secteur public.
Le Data Steward administre, contrôle et valorise le patrimoine de données de l'organisation. Il s'assure de leur exactitude, met en place les contrôles qualité automatisés et coordonne les actions entre équipes SI et directions métiers. Retrouvez plus de détails dans notre article dédié à la qualité des données dans le système d’information.
Parce qu’une donnée fausse produit une décision fausse, et que cette décision touche un usager dans ses droits. Une erreur transmise entre deux organismes peut suspendre une prestation pendant des mois. Au-delà du service rendu, l’exactitude conditionne l’égalité de traitement entre deux administrés placés dans la même situation.
La création d'un poste intitulé "Data Steward" n'est pas juridiquement obligatoire. Les obligations portent sur la conformité aux exigences de la CNIL (DPO), la tenue du RGPD et le respect des critères de publication légale selon les seuils établis.
Les termes "gestionnaire de données" ou "intendant de données" sont fréquemment utilisés. L'appellation "Data Steward" est néanmoins retenue dans les fiches métiers officielles de la fonction publique.
Le Data Owner définit la politique de la donnée et ses règles métier. Le Data Steward assure la mise en œuvre opérationnelle de ces directives et le contrôle qualité au quotidien.
Sont dispensées de l'obligation de publication en ligne les collectivités territoriales de moins de 3 500 habitants ainsi que les organismes publics employant moins de 50 agents en ETP (articles L312-1-1 et D312-1-1-1 du CRPA).
Il s’agit d’une donnée publique fondamentale servant de référence commune (article L321-4 du CRPA), réutilisée de manière récurrente par de multiples acteurs et nécessitant un niveau élevé de précision et de fiabilité.






Opération impossible